5) Livres
 
 

LIVRES

 

 

 

BD :

 

"Le dernier des Mohicans"

par Cromwell

Mon avis : 

 

 

"De la patience, beaucoup de patience. Cromwell a pris son temps pour achever son oeuvre, l'oeuvre d'une vie sans doute. Cromwell y a mis sa force brute, une énergie hors du commun pour faire surgir ce qu'il avait au plus profond de lui, une rage froide et silencieuse, des silences bruyants sur fond de toiles, de pinceaux et de peinture. Gamin en Sologne, le petit didier allait jouer sur un étang, il y avait cette petite île ou il dévorait des bouquins, des heures à s'engouffrer dans la grande et la petite aventure, ce fut la révélation avec Le dernier des Mohicans. Quelques années plus tard, il découvre la collection Noctambule des éditions Soleil, le rendez-vous entre son histoire personnelle et celle des Mohicans était incontournable. Des mois de travail, des milliers d'heures, case par case, visage par visage, Cromwell s'est engouffré dans ce travail de titan, allait-il en sortir indemne ? 

Nous avons rencontré Cromwell alors que les dernières cases sentaient encore la peinture triturée, torturée, l'homme sentait apaisé, sans doute encore groggy, abasourdi par ce tour de force.  

Les originaux sont là devant nous, il s'en dégage une force hors du commun, chaque geste, chaque regard est une flèche qui vous touche de façon hypnotique. Certaines cases ressemblent à du Turner, il y a cette façon floue de rendre l'émotion très nette, il y a cette énergie sombre et lumineuse, tout n'est que force brute, la bataille est engagée, la rage et les cris fusent dans la forêt, les indiens face aux anglais, la peinture face aux lecteurs. Cromwell réalise là une adaptation libre du Dernier des Mohicans, il en garde la trame principale mais invente aussi de nouveaux personnages. 

Il y a dans ce livre de la folie graphique, pouvait-on imaginer il y a encore quelques années qu'une bd ressemble à une oeuvre d'art, d'ailleurs peut-on encore parler de bd ? On peut ici graver les lettres de noblesse du 9ème art, comme un Enki Bilal dans les années 80, Cromwell s'engouffre de façon exaltante dans l'art intemporel, dans cette fresque géante ou des artistes inscrivent leur nom et leur talent, ce livre est un bijou, nous avons aussi été patients, l'émotion est là !"

http://www.unmondedebulles.com 

Livre :

 

"La Route"

de Cormac McCarthy

Mon avis : 

 

 

L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et son fils errent sur une route, poussant un Caddie rempli d'objets hétéroclites. Dans la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, la peur au ventre: des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l'humanité. Survivront-ils à leur voyage?

 

 

 

BD :

 

"L'Irlandaise"

de Gilles Pascal et Jacques Pavot

 

http://gillespascal.blogspot.com/

 

 

 

Eva O'Connell est une jeune irlandaise de bonne famille. Elle a 19 ans quand elle arrive en Amérique, en 1862. Sans trop savoir ce qu'elle est venue chercher, Eva se laissera d'abord guider par les événements avant de prendre elle-même en charge son destin. Après un parcours initiatique qui l'amènera à se construire, elle pourra reprendre sa quête au début et la mener à son terme. Eva est une jeune femme déterminée et rebelle, qui a beaucoup prit de son caractère à son oncle Richard. A la recherche de son oncle, Eva O'Connell se retrouve au milieu de la guerre de sécession. Les événements et les rencontres vont tout d'abord la guider. De Washington à Richmond, de Brian à Jeff, Eva fait ses premières armes dans un monde inconnu de violence, qui l'a conduira pour un premier duel qui marquera sa (re)naissance.

 

 

 

Livre :

 

"Des nouvelles des Indiens d'Amérique du Nord"

 

 

 

Les auteurs de ces récits originaux créent un style – reflet de personnages, d’expériences et de points de vue divers – dans des histoires nées de traditions passées inaliénables et toujours vivaces. Les narrations choisies insufflent un sentiment nouveau de survie qui dépasse le thème conventionnel de la “victimisation” tragique.
Ces nouvelles témoignent d’une métamorphose de la littérature des Indiens d’Amérique du Nord et, dans leur production littéraire du réel, symbolisent la “survivance active” théorisée par Vizenor. Chacun à leur manière, les auteurs ouvrent le sésame d’une sémantique indienne peu commune et donnent accès à un monde intérieur jusqu’alors souvent refoulé tout en incarnant certains aspects libérateurs de la fiction. L’ensemble dépasse de loin le classique refus du manichéisme chrétien et l’affirmation indienne de la complémentarité entre le bien et le mal.
Ces voix indiennes qui se font entendre ici prennent le contre-pied de l’habituelle – voire pratique – posture victimaire où prospèrent, face aux mouvements du monde, renoncement et claustration.


Pour Gerald Vizenor s’il n’y a pas, bien sûr, un peuple indien mais diverses tribus, il déconstruit par l’ironie l’idée d’“indianité”, création du colonisateur. Pour lui, la pitié et la peur entraînent une victimisation tragique qui nie l’humour et la sagesse de la culture tribale et met en valeur l’hégémonie du pouvoir dominant. Afin de résister à l’enfermement de la tragédie, Vizenor utilise l’humour pour se rebeller contre les idéaux esthétiques occidentaux et défier la notion de forme concrète. Ainsi use-t-il de créations verbales, comme le mot “survivrance”, porteur d’un processus en mouvement plutôt que la simple continuité des anciennes traditions dans le monde moderne.

Sommaire :
Stephen GRAHAM JONES
Saigne en moi
Eric GANSWORTH
Réparer les peaux
Frances WASHBURN
L’Affaire Elsie
Gerald VIZENOR
Hiroshima Bugi : Atomus 57
Diane GLANCY
Dessein du ciel nocturne

 

A suivre...

 

 

© 2010 Sylvie Wolfs