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| Ethnocide ou génocide |
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Les nations indiennes. Génocide ou ethnocide ?
"Leurs cathédrales étaient les arbres et le ciel, leur souffle était le vent, leurs larmes étaient la pluie, leur colère les menaçants orages d'été, leur violence les arêtes acérées des montagnes… Leur Dieu était en tout cela à la fois, en la nature et les animaux qui les entouraient… Mais aussi en eux-mêmes et leur propre courage. Ils étaient reconnaissants, simples, beaux et rudes comme cet univers dans lequel ils évoluaient. Ils ne cherchaient pas à s'en détacher, ce qui les rendait fiers et invincibles. Une part de la terre, et du ciel, de chaque chose animée et inanimée, visible et invisible. Ils étaient tout cela à la fois. Ils n’avaient pas peur de la mort, ni de la vie. Ils se faisaient la guerre et l’amour. Ils savaient regarder autour d’eux et en eux-mêmes, accepter sans renoncer jamais, puissants et patients comme les bisons qui les nourrissaient et qu’ils vénéraient. Leurs rêves et leur vie étaient sacrés. Ils étaient uniques..." © extrait de "Cheveux-de-Feu" S. Wolfs
Génocide ou ethnocide ? Oui les mots sont importants. Les faits le sont aussi. Je pense pour ma part que les deux sont frères de misère, synonymes d'appauvrissement dans un monde de plus en plus aseptisé et uniformisé... Où les Indiens, comme les loups, étaient de trop. Il suffit pourtant de se pencher juste un peu sur la spiritualité et culture amérindiennes pour comprendre la richesse de ces peuples (juste effleurée...) qui portent en eux une profonde clairvoyance. Sur une terre en train de mourir de la cupidité d'une civilisation sourde et aveugle... Elle est sans doute notre seul espoir d'avenir. Lire ce qui suit pour vous faire votre propre opinion. Merci de votre attention, Sylvie Wolfs
Le 29 novembre 1864, sur ordre du gouvernement, le colonel John M. Chivington et ses soldats massacrent près de 300 Amérindiens Cheyennes et Arapahos, essentiellement des femmes et des enfants. En 1867, le gouvernement américain impose le transfert de tous les Amérindiens des Grandes Plaines vers des réserves de l'Oklahoma. Colorado Historical Society Mort rapide ou lente ? Programmée ou non ? Du génocide "volontaire" des bisons (base de l'économie des Indiens des plaines) à l'introduction "involontaire" des épidémies... Entre famines, maladies, massacres, déportations de populations affaiblies, oppression... Les Indiens libres ont vu leur mode de vie décliner, et disparaître. (BD de Derib)
Je l'ai découvert il y a peu, et avec effroi. Il existe aujourd'hui encore, aussi en Europe, une forme de dénie, de négationnisme, concernant l'impact direct de la colonisation sur la disparition des nations Indiennes d'Amérique du nord, telles qu'elles existaient depuis des millénaires. Ces "colporteurs", sous une apparente respectabilité de scientifiques et d'historiens (de pacotille), et que je ne nommerais pas ici pour leur faire de la publicité mais qui se reconnaîtront, prônent la "non responsabilité" de cette colonisation en masse sur le déclin des Indiens d'Amérique, voués à disparaître par eux-mêmes (je cite "à cause du nomadisme et de leurs mauvaises conditions de vie...") et trop souvent présentés comme de cruels Indiens fourbes, avides de sang, se massacrant entre eux, violeurs, torturant en masse femmes et enfants (blancs), et ne respectant pas les traités des honorables représentants de l'Armée Confédérée d'Amérique (défenseurs de la "noble cause"). Il est aussi "démontré" par ces négationnistes que ces mêmes Indiens ont perpétué plus de massacres de civils blancs qu'eux-mêmes n'en ont subis. Sorti du contexte, cela peut sembler cruel (et l'a été). A titre individuel et humain, que des colons (dont femmes et enfants) aient été tués par des Indiens est détestable. Tout aussi détestable que les meurtres de civils Indiens par l'armée américaine. Cependant... Peut-on contester à ces peuples le droit de se défendre face à l'envahisseur ? Il s'agissait d'une guerre déclenchée par les Blancs, d'une invasion, qui au fil des injustices perpétuées envers les nations indiennes (massacre des bisons, traités non respectés, etc.), s'est amplifiée et a décuplé la colère bien légitime des Indiens à l'égard des envahisseurs. Les colons leur volaient leurs terres (bien qu'ils ne soient pas directement "responsables", à titre individuels toujours) et les Indiens ont voulu les supprimer, voyant en eux la cause de tous leurs maux. Ils tuaient, oui. Ils mutilaient, oui.
"S'il est vrai que le scalp ennemi était d'abord associé à la notion de revanche, celle-ci avait des implications beaucoup plus subtiles que l'application pure et simple de la loi du talion. En effet, le scalp réunissait différentes fonctions : marque d'honneur et signe de victoire, il était aussi et surtout le symbole de la vie. Il ne s'agissait pas là de commettre un acte sanguinaire mais de se conformer à une nécessité rituelle dans un monde où l'on croyait que l'esprit de l'homme se trouvait dans sa chevelure qui en était en quelque sorte l'essence." Les Sioux, de Royal B. Hassrick.
N'oublions jamais que les premiers colons européens furent bien accueillis par les Amérindiens. Conscients d’avoir affaire à des êtres humains, ils les reçurent comme des membres d’une culture différente de la leur qui était plus tolérante et respectueuse des rythmes et de l’esprit de la nature. Leur bienveillance n'a guère été récompensée.
En Nouvelle-France, les Amérindiens sont perçus par les colons français comme de précieux fournisseurs de peaux. Aussi, leurs relations sont-elles placées sous le signe du commerce plutôt que de la conquête. Des aventuriers se spécialisent dans cette lucrative traite des fourrures ; ces « coureurs des bois » ont pour principaux fournisseurs les Algonquins et les Hurons, alliés des Français depuis 1608. Tout n'est sans doute pas excusable dans les actions guerrières perpétuées par les amérindiens envers les colons blancs, mais explicable. Ils étaient dans leur bon droit et agissaient selon leur culture, leur mentalité, leur façon de voir le monde. Il ne faut pas sortir les événements de leur contexte, et comparer ce qui n'est pas comparable. Sans la brutalité et l'incompréhension des dirigeants américains face à ces peuples considérés comme des "sauvages" (gouvernement, armée...), et le désir (peut-être inavoué -car inavouable pour un bon chrétien- mais bien réel) de les faire disparaître (d'une façon ou d'une autre), jamais de telles abominations n'auraient existées.
L'attaque du campement de pionniers de New Ulm (Minnesota) par les Sioux eut lieu en 1862. Weyerhauser Research Center/Minnesota Historical Society
Il est trop facile d'accuser les Indiens de cruauté. Ils étaient sur leurs propres terres, et on leur a TOUT pris (aussi leur âme). De cadeaux de pacotille en négociations truquées, de promesses jamais respectées en traités violés, de déportations massives en attributions de réserves misérables, c'est par la violence que les Blancs ont imposé leur vision du Nouveau Monde au nom de la "civilisation" et de la "vraie religion". Les amérindiens ont tenté, avec leurs moyens, de se défendre face à une déferlante d'agressions chaque jour plus intolérable. Ils ont désespérément voulu protéger leur mode de vie, sachant eux-mêmes qu'ils étaient condamnés. Ils appartenaient à des peuples libres, fiers et farouches (et non comme les négationnistes le disent "misérables", "extrémistes" et "sur la voie de l'extinction") se refusant à l'esclavage qui leur était imposé. A leur place, qu'auriez-vous fait ? Voyez donc ce que ces peuples sont devenus ensuite... Et dans quelle misère il vivent, de nos jours, subissant toujours oppression et injustice. Mais le vent souffle, et l'eau coule dans les rivières. Il est dit qu'ils se relèveront de cette tragédie. Moi, je le crois, et j'attends ce jour. Oui, des propos négationnistes sont largement diffusés (tout autant que la vision édulcorée du "bon sauvage", elle aussi néfaste et mensongère), et il est important d'y faire face. Avec réalisme et force !
Génocide, quelques définitions....
Source : 2000 Hachette Multimédia.
Le droit pénal international définit aujourd'hui le génocide comme un crime résultant d'actes accomplis avec l'intention de détruire un groupe selon un critère national, ethnique, racial ou religieux. A l'occasion d'autres conflits, des massacres équivalents ont été perpétrés au nom de critères religieux : c'est le cas des guerres de religion en Europe, aux XVIe et XVIIe siècles. La violence de ces massacres les apparente parfois aux génocides modernes, car la volonté d'éliminer un groupe ethnique ou religieux les a souvent inspirés. Les conséquences meurtrières des répressions politiques et sociales des régimes totalitaires (l'URSS de Staline, C'est au XXe siècle qu'ont été commis les génocides les plus manifestes et les plus odieux, ce qui a amené la communauté internationale à définir le crime de génocide. C'est en Allemagne, sous le nazisme, que fut organisé entre 1933 et 1945, le plus délibéré, le plus systématique et le plus "scientifique" des génocides - l'extermination des juifs et des tsiganes par les nazis. Durant Source : www.webencyclo.com
>Un siècle de barbarie"Le génocide est un acte criminel prémédité, systématiquement organisé et mis en oeuvre, avec pour objectif l'extermination de communautés civiles choisies selon des critères de nationalité, de race ou de religion. "L'histoire du XXe siècle compte au moins dix épisodes de génocide - le mot "épisode" n'est toutefois pas le meilleur, car ces massacres ont généralement duré longtemps. Universellement reconnus sont, dans l'ordre chronologique, le massacre des Arméniens par "Mais il faut y ajouter des massacres à caractère génocidaire, comme [toujours dans l'ordre chronologique] l'extermination par la famine de millions de paysans ukrainiens par le régime stalinien [1932-1933]; l'anéantissement de la population de Nankin et de ses environs par les occupants japonais [1937-1938]; l'assassinat de millions d'Indiens musulmans et hindous au moment de la sécession de l'Inde [1947-1948]; les millions de victimes de la révolution dite "culturelle" menée en Chine par le régime de Mao Zedong dans les années 1950 et 1960; la liquidation de plusieurs centaines de milliers de communistes indonésiens [1965]; l'extermination d'une partie importante de la population du Timor-Oriental par l'armée indonésienne et les milices pro-indonésiennes à partir de 1975. "Cette liste n'est pas exhaustive. Le XXe siècle ayant en outre été fertile en incidents frontaliers difficiles à qualifier de manière univoque [notamment au Soudan, en Sierra Leone et dans les Balkans]."
> Ethnocide
Je vous soumets également le très bon article de Fréderic Dorel " la thèse du 'génocide Indien', guerre de position entre science et mémoire" qui prône davantage le terme d'ethnocide.
" Le génocide assassine les peuples dans leur corps, l'ethnocide les tue dans leur esprit. Dans l'un et l'autre cas, il s'agit bien toujours de la mort, mais d'une mort différente : la suppression physique et immédiate, ce n'est pas l'oppression culturelle aux effets longtemps différés, selon la capacité de résistance de la minorité opprimée. Il n'est ici question de choisir entre deux maux le moindre ; la réponse est trop évidente, mieux vaut moins de barbarie que plus de barbarie"
Clastres Pierre
Cliquez sur l'image pour lire l'article dans son intégralité Perishka-Ruhpa, guerrier Moennitari (ou Hidatsa) costumé pour la danse du Chien
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| © 2010 Sylvie Wolfs |