L'Oeil du Loup noir, le roman jeunesse illustré
 

 

L'Oeil du Loup noir

Le tout premier roman de Sylvie Wolfs

par lequel elle a été remarquée par Timée-Editions (Cheveux-de-Feu)

Roman jeunesse illustré

24 illustrations de Deberg

Préface de Nicolas Vanier

327 pages

"Voilà comment je suis devenu un Homme qui Marche sur la Terre : à travers Tatanka, la guerre, le mort et la promesse de vie. La souffrance et la beauté"

Ainsi parle Tehanyan Wanyanka Sunkmanitou Tanka, Loup-qui-Voit-Loin (1774-1854), prestigieux guerrier de la nation Sioux lakota au seuil de la mort et s'apprêtant à rejoindre la Terre des Nombreuses Loges.

Il évoque sa jeunesse : l'enfance libre, l'adolescence rigoureuse et la rudesse des premiers pas dans l'âge adulte.

Il raconte avec passion les expériences déterminantes et les rites initiatiques jalonnant les premières années de sa vie.

Enfin, il parle d'amour absolu, de celui qui forge l'âme.

« Nous étions prêts à supporter tous les sacrifices qui feraient de nous des guerriers ; nous réclamions cet honneur !  »

Les extraits

La première phrase :
Jewel s'approcha doucement du vieil
homme. Elle le contempla alors qu'il regardait les flots s'écouler, tout en fumant sa pipe.


La dernière phrase :
Ils s'enfoncèrent dans la nuit profonde et mystérieuse. Silhouettes de plus en plus petites, de plus en plus confuses mais toujours aussi puissantes. Pour l'éternité...


La plus belle phrase :
Les vivants passent, le sang reste et cette rivière de vie coule éternellement.


La phrase à retenir :
Nous n'héritons pas de la
terre de nos parents mais nous l'empruntons à nos enfants.


Morceaux choisis :
Lors de mes
premiers pas dans l'adolescence, mon père et mes oncles m'enseignèrent le maniement des armes.J'étais rapide et précis, déjàj'avais en moi le don pour la violence et le goût de la bataille. Avec tous les jeunes garçons, nous organisions des jeux guerriers où nous développions notre vigueur et notre sens tactique. Nous combattions des ennemis imaginaires, tous plus cruels les uns que les autres. Nous nous préparions ainsi à la rigueur de notre vie future. Mais ces simulacres n'étaient que des jeux dont nous sortions invariablement vainqueurs, des jeux d'enfant !

- chapitre : L’attaque et les larmes - page : 105 - éditeur : Laguasso - date d'édition : 2005 -


La colère monta en moi, ma fierté voulait s'exprimer ! Mais je restai silencieux et humble. Les aînés nous donnaient une leçon que nous n'oublierons pas : nous étions tout juste rentrés dans le
monde des hommes. Un monde rude et sans pitié. C'était leur façon de nous exprimer leurs doutes à notre égard, tout autant que leurs espoirs. En se moquant, ils nous préparaient aux victoires et aux défaites, nous montraient que nous n'étions pas encore considérés comme des guerriers. Je revois les yeux étonnés d'Elan-Noir, les tics et les soubresauts de Cheval-Blanc, le visage impassible de mon frère.J'entends les rires de mon propre père et cela était difficile à supporter ! Mais je compris qu'il s'agissait d'un acte d'amour et d'un enseignement plein de sagesse. Ils nous montraient l'humilité, comment devait se comporter un véritable guerrier.
 
- chapitre : Le temps de la revanche - page : 204 - éditeur : Laguasso - date d'édition : 2005 -

 
Puis, au terme de ce voyage, je vis ma mère qui me souriait et qui dansait autour d'un feu immense. Elle était nue et son ventre portait la vie, ma vie. Elle était belle et si vivante ! Sa peau cuivrée luisait, ses cheveux de jais étaient ornés de perles étincelantes. Je savais que je la voyais là où elle était désormais, au seuil du Pays des Chasses éternelles. Je la contemplai, mère immuable, femelle créatrice de mon existence. Je compris que c'était d'elle que je tenais mon pouvoir, elle qui me l'avait transmis. Elle dansait au son des tambours dont les palpitations sourdes et profondes faisaient vibrer la terre.
 
- page : 285 - éditeur : Laguasso - date d'édition : 2005
 
© 2010 Sylvie Wolfs