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Kimi-Mila, mon tout petit garçon…

Est né le 25 août 2008

 

 

Ce qui nous arrive est cruel. Certes tu as passé 4 mois dans mon ventre, et à certains cela pourra sembler peu. Laissons les dire et penser ce qu’ils veulent. Pour toi, moi et ton papa c’est une éternité, car c’est tout ce que nous avons.

Qui étais-tu donc mon bébé ?

Tu es arrivé dans  nos vies alors qu’on ne s’y attendait pas, et puis tu es reparti de la même façon furtive… Comme un Indien.

C’est pourquoi je t’ai choisi le prénom de Kimi-Mila qui, en langue Sioux, veut dire papillon.

Tu es mon petit papillon, éphémère et si beau, mon petit enfant que j’attendais avec tant de bonheur et d’espérance.

Qu’as-tu voulu nous dire ? Nous transmettre ?

Tu nous as tellement surpris et remis en question. Tu nous as permis de réfléchir, ton papa et moi, sur la force de nos sentiments. Tu nous as ouvert les yeux sur l’amour que nous nous portions encore, après toutes ces années passées ensemble. Tu nous as montré que nous étions toujours capables d’avancer main dans la main, de progresser, d’être meilleurs et plus forts. Tu nous as mis à l’épreuve en tant que couple, parents, famille.

Tu nous as mis à l’épreuve en tant qu’individus…

Nous avions décidé de t’accueillir malgré nos doutes et nos peurs, de croire en la vie et en l’avenir. Grâce à toi, ton papa et moi on s’aime encore plus fort aujourd’hui. Oh … Tu nous as donné tant en si peu de temps…

J’étais si heureuse et impatiente de te prendre dans mes bras, de sentir ta peau contre la mienne, de faire ta connaissance, de te découvrir comme j’ai découvert tes 5 sœurs et frère. Comme je me sentais comblée de ton arrivée prochaine. Et si fière… de toi, de moi, et de nous…

Et puis, tout a basculé. En ce triste jour du 21 août où on a découvert que ton petit cœur avait cessé de battre. D’abord, j’ai eu peur, je me suis sentie sale et presque monstrueuse de te porter mort dans mon ventre. Pardonne-moi mon bébé, moi aussi je voulais mourir. Moi aussi j’étais morte…

Ensuite, petit à petit, je t’ai accepté tel que tu étais car je suis ta maman et parce que je t’aime, sans condition. Que tu sois vivant… Ou mort.

Aujourd’hui, en ce 22 août, je suis venue dans cet hôpital 2 jours avant que l’on t’arrache de mon ventre. Je suis venue là me mettre à l’abri du monde et pour me préparer. 2 jours juste toi et moi… C’est tout ce qui nous reste et je t’écris cette lettre pour te dire toutes ces choses avant que tu ne quittes mon ventre pour toujours. J’aurais aimé te garder plus, faire plus et mieux pour toi, mais je ne peux pas. Je suis si désolée… Je dois te laisser partir mon petit papillon, pour que tu puisses t’envoler. J’ai tellement de chagrin mais nous n’avons pas le choix. La mort fait aussi partie de la vie… Je ne comprends pas tout, mais j’essaie mon petit enfant. J’essaie… En sachant que tout a un sens, que rien n’arrive pour rien. Ton passage éphémère lui aussi a un sens, même si au moment où je t’écris je ne le connais pas encore. Il me restera si peu de toi, et en même temps il me restera tellement. C’est pour moi une grande souffrance que tu sois mort en moi, alors que tu devais y vivre et y grandir. Je me sens si faible et misérable… Tu me pousses à puiser au plus profond de moi la force de relever la tête, d’être digne comme tu le mérites, comme ton papa, tes sœurs et ton frère le méritent. Je veux t’accueillir tel que tu es et avec amour. On va y arriver. Je te promets d’être courageuse et d’être une maman dont tu peux être fier.

Tu es parti, je ne sais pas pourquoi, mais tu es mon enfant. Rien ni personne ne pourra changer cela et je le hurle à la face du monde. Je me moque que « la nature fasse bien les choses »… Il faut leur pardonner, ils ne savent pas. Tu es mort et moi aussi j’aurais pu mourir. Non, la nature ne fait pas toujours bien les choses.

J’ai désormais 6 enfants, avec ton papa que j’aime, et qui lui aussi a beaucoup de chagrin. Nous partageons la même peine. Tu seras toujours notre enfant. Il y aura toujours un absent : Toi.

J’attends. Lundi je vais te mettre au monde. Je vais accoucher de toi.

J’ai peur. Mais je vais t’accueillir. Tu vas vivre en moi. Tout ce que je ferai désormais je le ferai pour toi. Tu seras mon moteur Kimi-Mila, mon petit amour secret lové en moi, mon enfant éternel… Qui va me rendre plus forte, plus courageuse et, j’espère, meilleure. Que cela va être long et douloureux d’apprendre à vivre sans toi, je vais me battre…

J’étais une personne avant toi. Aujourd’hui je suis une autre personne.

Demain, lorsque tu ne seras plus en moi, j’en serai encore une autre… Je ne serai jamais plus la même.

La route est longue mon amour. Elle le sera encore plus de part ton absence. Il nous reste 2 jours, toi lové en moi, chaque instant est précieux…

 Envole toi mon petit papillon et écoutes bien les murmures du monde. Viens me parler dans mes rêves, comme tu l’as déjà fait une fois. Je serai toujours là pour toi… Et, un jour on se retrouvera. La vie n’est qu’un souffle. Tu ne dois pas avoir peur, tu es léger comme un papillon et la vie n’est qu’un souffle. On se retrouvera… On retrouve toujours ceux qu’on aime… 

 

Et moi… Je t’aime Kimi-Mila.

Ta maman pour toujours…

Le 22 août 2008

 

 

Hommage de son papa

L’association Petite Emilie fondée le 28 juillet 2003 soutient et accompagne les personnes confrontées à une interruption médicale de grossesse ou à un deuil périnatal.

© 2008
Pour mes enfants....